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Critique théâtrale de "Roberto Zucco"

            Roberto Zucco, est une pièce de théâtre écrite par Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Christophe Perton et son assistant de mise en scène, Jérémie Chaplain. Elle a été représentée au théâtre des treize vents à Grammont le 26 Novembre 2009. Le personnel chargé de la scénographie est Christophe Perton et Christian Fenouillat. La création "lumières" est faite par Thierry Opigez, le son est réalisé par Frédéric Bühl. Les costumes ont été fabriqués par Alexandra Wassef, assistée de Dominique Fournier. La coiffure et le maquillage ont été réalisés par Mireille Sourbier Mangiagli. La chorégraphe est Kylie Walters et les combats ont été mis en place par Didier Laval.

 

            Bernard-Marie Koltès, comédien et grand auteur de pièces de théâtre, et qui a fait parti durant quatre ans du parti communiste, a choisi de retranscrire à sa façon, une histoire vraie dans la fameuse pièce de théâtre nommée « Roberto Zucco ».

C’est un homme tout à fait normal en apparence qui a tué ses deux parents, qui est allé en prison mais qui n’y est jamais resté plus de quelques heures. Il s’en est échappé, celui-ci faisait une multitude d’actes interdits par la loi comme cambrioler des banques mais qui n’avaient aucun rapport entre eux, il était comme insaisissable pour la police. Cet homme faisait ce qu’il voulait, quand il le voulait et il a fini par se tuer lui-même en prison. Bernard Marie Koltès l’a retranscrit comme un tueur en série, un homme violent mais doux à la fois .

         

          Dans la représentation que nous avons vu, tous les acteurs étaient et restaient sur scène tout du long, comme s'ils étaient ancrés dans la pièce. Cette pièce est formée de plusieurs épisodes des évènements importants qui sont arrivés à Roberto.
Certains passages étaient plutôt comiques, d’autres légèrement tragiques.

 

            La scène était présentée comme une salle de cinéma, avec des sièges de cinéma un peu partout éparpillés. Au premier plan il y avait un micro et la scène était toute fois un peu libérée au centre, un peu comme une salle de bal désaffectée. Contre le mur en face, nous pouvions voir des rideaux rouges fermés. Ils étaient élevés sur une petite estrade et l’impression que j’ai reçue est que cela ressemblait à un théâtre à marionnettes. Les rideaux se sont levé et un film a été projeté même bien avant que tout le monde (public inclus) ne soit arrivé et ne se soit installé. Le film était « America America », film qui raconte l’émigration de personnes défavorisées vers l’Amérique. L’Amérique était l’endroit à atteindre pour ces gens. Ce film a été projeté un peu en hommage à Koltès car il adorait l’Amérique mais aussi le cinéma.
Sur les cotés, il y avait des projecteurs et des costumes pendus sur des tringles.

          

            Les lumières étaient fortement présentes, surtout lors de certaines scènes comme par exemple « sous la table », où tout était parfaitement bien éclairé. Mais elles pouvaient être plus ou moins présentes afin de bien cerner les personnages (scène du métro avec le vieillard).
Les lumières étaient aussi très variables.

            Le son, lui, en revanche, était moins présent. C’était juste quelques éléments pour agrémenter la pièce, comme dans la scène de la « mélancolie de l’inspecteur » où c’était une musique douce, en fond, sur laquelle des prostituées dansaient. Cela représentait bien un bar à prostituées du petit Chicago. Autre exemple, le bruit de pluie assez doux pour représenter l’extérieur, la tristesse lors du passage d’ « Ophélie ».

            Les costumes étaient assez réalistes. Certains personnages changeaient de costumes. On peut penser que la troupe n’est pas assez grande pour représenter tous les personnages dont est constituée la pièce, mais par contre, le personnage qui a changé de costume vraiment est Roberto. Aussi, à la fin de la pièce, tous les personnages se changent. Ils se mettent tous sur leur 31.

           

            La totalité des personnages restaient sur scène même s’ils n’avaient pas forcément mot à dire sur plusieurs passages, un peu comme si, eux aussi, ils étaient spectateurs de leur représentation. Même les morts restaient sur scène, comme si c’étaient des âmes perdues, des fantômes qui regardaient leur histoire. Les lieux représentés n’étaient pas très réalistes. Les personnages investissaient bien tout l’espace scénique, leur avantage était qu’ils étaient nombreux.

Chacun des personnages avait un jeu bien délimité et réaliste.
L’un des deux gardes de prison avait un accent italien, le jeu de la gamine était plutôt hystérique à certains moment, les prostituées étaient langoureuses, Roberto était bref, franc, parfois violent et parfois doux, tout comme la mentalité du personnage.
Les comédiens jouaient avec leur corps pour agrémenter l’humeur de leur personnage.

            Les choix d’interprétation me paraissent en cohérence avec les choix de mise en scène. En effet, la scène est formée de plusieurs endroits, les personnages et leurs mentalités sont tous différents, donc on peut en conclure une bonne adaptation du jeu des personnages aux choix de mise en scène.

            Moi, j’ai bien aimé ces types de jeux par rapport aux personnages, et je me suis plus attardée sur le jeu de la mère de Roberto. Je travaille sur son personnage en ce moment et je la voyais moins énervée, je ne pensais pas qu’elle allait constamment
crier. Cela m’a un peu déçue, j’aurais voulu en apprendre long sur son jeu mais il s’est avéré que j’ai préféré ma propre vision du personnage.

            Le spectacle m’a beaucoup plu. Il m’a énormément surprise au niveau de la scénographie, surtout des lieux représentés. Il m’a donné une multitude d’idées afin de représenter des lieux, de cerner la mentalité des personnages, comment les jouer etc… Je pense que c’est un spectacle qui bouleverse les formes, il explore quelques directions que j’ai déjà rencontrées dans d’autres spectacles comme la projection d’un film pendant la représentation dans « Hiroshima mon Amour ».

Lynda 20/03/2011 17:27


Bonjour,
J'aimerais savoir qui était le metteur en scène de cette pièce que vous avez critiqué ici, s'il vous plaît.
En effet, je prépare un dossier théâtre qui a pour problématique "Comment représenter Roberto Zucco?"
Connaitre le nom du metteur en scène me serait très utile.
Je vous remercie d'avance.
Cordialement.


Raynal Cécile, professeur-documentaliste 21/03/2011 09:52



Le metteur en scène s'appelle Christophe Perton et son assistant de mise en scène, Jérémie Chaplain (c'est indiqué dans l'article).


Cordialement,